Un week-end façon Gepetto

Aller en bas

Un week-end façon Gepetto

Message par Gepetto le Lun 22 Oct 2018 - 11:48

Un week-end à Gepetto
Tout avait pourtant bien commencé, un samedi peinard avec ma VALERIE de femme et un dimanche consacré à Ducati et ses Ducatistes.
Ça a commencé à merder samedi soir quand, après avoir été harcelé par un pote qui avait su que j'allais faire la balade avec le D16, j'ai accepté de lui prêter sur une vingtaine de kilomètres. Il est 18h, les hurlements de Cerbère, gardien des enfers seront mes seuls compagnons pour les prochaines 24 heures.
Debout à 4 h du mat' après une nuit blanche, j'ai l'estomac noué et j'attends le lever du jour avec impatience. Merde, chié, pute borgne !!! Le temps est tout pourri, du brouillard, du bitume mouillé... j'ai pas le droit de revenir sur ma promesse... Il me faut un calmant immédiatement. Inutile de faire appel à la pharmacopée, une omelette aux cèpes fera l'affaire. Trois œufs, 300 grammes de cèpes, 1/2 quille de rouge et une heure plus tard, ça ne va pas mieux. Il est 8 h, le RDV est prévu dans une heure... je sors Alice, je vais faire chauffer les pneus, vérifier que la belle est en forme, lui expliquer que je vais la confier à un grand monsieur, pour quelques minutes seulement, pour le bien de notre couple... En bref, je me sens le plus salaud des maquereaux... Voilà, il est 9h tapante, le client est là, il pue l'alcool, il a le teint rouge et l'air satisfait d'un maquignon ayant vendu un bouc de 50ans à un Parisien innocent et bêta, voulant se lancer dans la production de fromage. Un petit café pour l'amadouer, lui expliquer les rudiments de la D16philie. Je resterai derrière eux tout le parcours. Non pas en voyeur obscène mais en protecteur jaloux. Au bout de quelques petits kilomètres pourtant, le rougeaud est plutôt délicat, certainement soumis à la divine Machine. Elle lui rend bien, je l'entends ronronner, je sens son souffle, son haleine parfumée au SP98. Elle est voluptueuse, faite de courbes sublimes, elle danse, bondit entre deux virages, s'enroule littéralement autour des ronds-points, freine fort en obéissant à l'index potelé du bonhomme. Enfin, la concession est en vue. On se gare, je saute sur ma belle, extirpe le gazier manifestement meurtri mais heureux. MON Alice, ma Moto est indemne...
Ouf...
Après ces violences psychologiques, c'est physiquement que je vais souffrir. Et oui, la balade du jour à beau être courte (180 km au total de maison à maison), j'ai la souplesse d'un blindage de tank et les articulations d'un homme déjà mort. Pour ne plus (moins) souffrir, je pense à la pause déjeuner, à la pizzéria "La scudéria" de DAX. Lolo, le patron, nous reçoit très gentiment un dimanche alors qu'il est habituellement fermé. Nous sommes une petite vingtaine à table. Amateur de bonne chair, je ne résiste pas à un pied de cochon "sauce gribiche" en entrée. Bien mal m'en prend, à mi assiette, mon polo est aussi décoré que la veste militaire d'un grand général Russe. Hélas, il ne s'agit pas de faits d'armes mais de maladresses à base de lipides.
Je frémis, Valérie va me tuer... Mon voisin de table me suggère bien quelques subterfuges mais il ne connaît pas le côté "Mme Hyde" de ma femme. Je décide de lui envoyer une photo du linge sale, arguant d'un postillonneur édenté installé en face de moi (pardon Olivier, sur l'instant, je n'ai pas trouvé mieux) et espérant que sa colère soit retombée à mon retour. Une pizza "Panigale" à suivre, le tout dans une ambiance très sympa.
15h30, l'heure du retour et des souffrances a sonné. Un petit passage par la concession, deux ou trois blaguounettes de plus et direction la casa.
17h, je passe le portail (ou j'aurais dû le passer s'il y en avait eu un), je suis rincé, fourbu, brisé.
17h10, la Moto est dans le garage.
17h15, j'ai retiré mes gants et mon casque
17h18, j'ai enlevé mon blouson
Reste le plus  gros morceau, enlever les bottes.
17h20, je commence à m'énerver
17h30, je suis en sueur
17h50, j'appelle au secours
17h55, je supplie un peu de compassion
17h55 et 10 secondes, je m'entends répondre que c'est pas moi qui fait tourner les machines à laver, que c'est une honte de manger aussi salement, que je dois descendre directement de la branche "macaque" d'une faune lointaine et déficiente (mentale et physique)... Vous l’aurez compris, il faut que je me démerde…
Aussi glorieux et agile qu'une larve bien grasse, je rampe jusqu'à un balai et me sert du manche pour, enfin, extraire ce beau cuir Italien.
Douche, petite soupe (à la grimace) et direction dodo. Ce soir, les bras de Morphée seront bien doux pour me bercer.
Voilà, c'est fini, Gepetto a survécu à un week-end de plus...

Gepetto
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
avatar
Gepetto

Messages : 779
Date d'inscription : 28/12/2015
Age : 51
Localisation : Cambo les Bains

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum